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Pourquoi se priver de la société civile ?

À l’approche des prochaines élections municipales, un constat s’impose : les futures têtes de liste, maires sortants ou nouveaux candidats, auraient tout intérêt à se tourner vers la société civile pour composer leurs équipes. Entrepreneurs, salariés, artistes, retraités ou citoyens engagés offrent une richesse de compétences souvent sous-exploitée. Ouvrir le champ politique à ces profils permettrait un renouvellement des pratiques démocratiques, fondé non sur les appartenances partisanes, mais sur l’expertise concrète et la diversité des expériences de terrain.

Et si l’avenir des municipales passait par l’ouverture à de nouveaux visages, issus de parcours non politiques.

Les responsables associatifs ou universitaires occupent aujourd’hui une place de choix dans les listes municipales. Mais ils ne sont ni les seuls à comprendre les enjeux contemporains, ni les plus représentatifs de la complexité du tissu social et économique. Le monde associatif, s’il est un lieu de dynamisme, peut aussi être en porte-à-faux lorsqu’un mandat électif entre en conflit avec des intérêts liés à l’attribution de subventions. Quant aux enseignants, souvent protégés par des conventions collectives favorables à l’engagement public, ils restent surreprésentés dans la vie locale.

De nouvelles compétences

Pour séduire des profils issus de la société civile, encore faut-il leur en donner les moyens. Cela passe par une simplification des instances municipales. Moins de commissions inutiles, moins de comités « Théodule », pour reprendre la formule du général de Gaulle, prononcée à Orange le 25 septembre 1963 et surtout moins de réunions de pure forme destinées à faire bonne figure et parfois à seulement avoir sa photo dans la presse. Ce qui freine les nouvelles vocations, ce n’est pas l’intérêt pour la chose publique, mais le temps perdu dans des mécaniques inefficaces.

Renouveler la vie municipale, ce n’est pas uniquement changer les visages, c’est introduire des compétences nouvelles, portées par ceux qui font vivre les entreprises, les écoles, les hôpitaux ou les associations. Bref, par ceux qui vivent la réalité.

Marc-Alexis Roquejoffre