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Où sont les vaches ?

Photo : Freepik
Pour la 34ᵉ édition du Sommet de l’Élevage, pourtant rendez-vous incontournable du monde de l’élevage à Clermont-Ferrand, aucun bovin ne sera présent. Une absence inédite, imposée par la crise sanitaire actuelle liée à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), et source de frustration et d’interrogations parmi les éleveurs.

La décision, annoncée par les organisateurs, repose sur le principe de précaution : bien qu’aucun foyer n’ait été relevé en Auvergne, la maladie bovine, transmise par des insectes piqueurs, inquiète. Les concours nationaux des races Charolaise, Limousine et Aubrac sont annulés, et les bovins sont écartés pour éviter toute propagation éventuelle. Pour les organisateurs, la manifestation doit « se préserver » tout en conservant « la richesse et la diversité du programme » sans les animaux. 

Le coup dur pour les éleveurs

Les producteurs, qui préparaient la venue de leurs troupeaux depuis des semaines, vivent cette mesure comme un coup porté. Certains faisaient état d’animaux en parfaite santé, susceptibles de concourir et de bénéficier d’une reconnaissance de leur qualité génétique. Pour eux, l’absence de bovins réduit l’attrait de l’événement et altère le sens de la compétition. La dimension commerciale, le contact avec le public, l’évaluation des animaux… tout cela perd de sa portée.

Réorganisation et pari sur l’avenir

Face à cette contrainte, le Sommet se réinvente : conférences, innovations technologiques, solutions numériques et échanges autour de la filière seront mis en avant. L’idée : conserver la dynamique du salon malgré l’absence des stars habituelles du plateau. Si la mesure choque, elle rappelle aussi les fragilités sanitaires du secteur bovin et l’importance de stratégies résilientes. Pour les éleveurs, la tension est vive : entre obligation de précaution et besoin de visibilité, le monde agricole se prépare à tirer les leçons de cette édition sans bovins.

Marc-Alexis Roquejoffre