Le casting politique, lui, ressemble à une vieille société de production qui s’entête à repasser les mêmes épisodes d’un épisode de l’ORTF. Des anciens inculpés font leur retour par la grande porte pour quelques heures, avec sourires et fanfaronnades, les ministres changent de fauteuil comme dans un jeu pour enfants, et les grandes réformes, censées sauver la République, fondent à la première manif comme neige au soleil. À ce stade, il ne reste plus qu’à rire « jaune » d’un système où l’intérêt commun a disparu derrière les intérêts partisans, les alliances de circonstance et les petits arrangements entre copains de promotion.
Faut-il pour autant se résigner ?
Les Grecs, eux, avaient trouvé une solution intelligente : l’agora. On y débattait du bien commun plutôt que du bénéfice personnel. On y cherchait le consensus, pas la posture. Et si la France retrouvait un peu de cet esprit-là, peut-être sortirait-elle de ce marécage d’indécision et de cynisme ? Sénèque, déjà, prévenait : « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. »
Alors, osons. Parce qu’à force de tourner en rond, la République risque de finir comme un coq sans tête : bruyante, certes, mais incapable d’avancer.
Marc-Alexis Roquejoffre


