L’État commence à réagir. En France, des voix s’élèvent au sein du ministère de l’Enfance et de la Jeunesse pour dénoncer une dérive discriminatoire. Des dispositifs juridiques pourraient voir le jour pour limiter cette segmentation, d’autant plus préoccupante qu’elle se généralise hors des hôtels : dans les restaurants, les plages ou même certains festivals. Cette obsession du calme à tout prix interroge : comment une société peut-elle défendre les droits des enfants d’un côté, et les rejeter systématiquement de ses espaces collectifs de loisir de l’autre ? Il y a là un double discours glaçant.
No futur
Car une société qui refuse ses enfants est une société qui abîme son avenir. Une société qui s’organise pour ne pas entendre l’enfance, c’est une société qui renonce à sa propre transmission. Cette volonté de ne surtout pas être dérangés révèle, au fond, un vieillissement intérieur : celui d’adultes qui ne veulent plus sortir de leurs habitudes, qui confondent confort et progrès. Mais aucune civilisation durable ne s’est construite en écartant ses enfants des lieux communs. Le vrai luxe n’est pas dans le silence, il est dans la capacité à accueillir, à transmettre, à supporter aussi ce qu’est la vie quand elle est en mouvement.


