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Il était temps de rallumer

Photo : Freepik
Dès l’automne 2022, la municipalité de Clermont-Ferrand a adopté un plan de sobriété énergétique motivé par la forte hausse des prix de l’énergie et l’urgence climatique. Ainsi, l’éclairage était éteint entre minuit et 6 h du matin sur environ 60 % du parc communal. L’objectif affiché était de diminuer la facture énergétique afin de respecter les objectifs nationaux. En choisissant de rallumer plus tôt l’éclairage public, la ville réaffirme que la priorité n’est pas uniquement la réduction de facture, mais aussi la protection et l’apaisement des habitants dans l’espace public.

Sur le plan chiffré, les résultats de cette politique ont été significatifs. La ville et sa métropole dépensent plus de 1,5 M€ par an pour l’éclairage pour l’éclairage public à Clermont‐Ferrand. La consommation a été réduite de 18 % entre le 1er novembre 2022 et le 31 mars 2023 par rapport à l’année précédente, ce qui correspond à environ 570 000 kWh économisés. Cette baisse d’activité a permis d’alléger la facture de la mairie d’environ 100 000 € sur cette période. À l’échelle de la métropole, sur 10 communes, la consommation d’éclairage public a reculé de 26 % sur la même tranche (soit près de 1,9 million de kWh économisés). 

Sobriété ou sécurité ?

Cependant, au regard du retour des usages et du contexte local, la ville a décidé de modifier la plage horaire de l’éclairage : depuis cette semaine, les lampadaires sont rallumés une heure plus tôt le matin dans certains secteurs de Clermont-Ferrand. Selon les incivilités et les dangers réels qui augmentent ces derniers mois, ce choix révèle que, au-delà de la seule sobriété énergétique, la dimension de sécurité des personnes a été enfin prise en compte.

Éclairer plus tôt le matin permet de sécuriser les déplacements des habitants qui partent travailler et de réduire leur sentiment d’insécurité. En effet, bien que certaines études montrent que l’extinction de l’éclairage public n’entraîne pas systématiquement une hausse des délits, l’ombre et l’obscurité restent perçues comme un facteur d’insécurité, notamment pour les piétons, les cyclistes ou les femmes rentrant ou partant tôt.

Marc-Alexis Roquejoffre