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Travailler plus pour sauver l’État ?

Supprimer un jour férié : une mesure d’économie pour l’État ?
La suppression de deux jours fériés peut-elle réellement faire économiser de l’argent à l’État français ? Si l’idée peut paraître anecdotique, elle repose sur un mécanisme économique bien réel : celui de l’augmentation de la production nationale. En redevenant des jours travaillés, le lundi de Pâques et le 8 mai pourraient bien faire gagner de l'argent à l'État et donc contribuer au "gouffre financier" de la dette.

Lors d’un jour férié, une grande partie des entreprises suspend leur activité. Résultat : une journée de production en moins pour l’économie, estimée à environ 1,5 à 2 milliards d’euros de PIB perdu. Supprimer un jour férié revient donc, théoriquement, à injecter une journée de travail supplémentaire dans le calendrier annuel. Si cette journée est travaillée sans contrepartie salariale, comme c’est le cas pour la « journée de solidarité » instaurée en 2004 après la canicule, le gain de productivité est net pour les entreprises.

Le mécanisme

Ce surplus d’activité profite indirectement aux finances publiques. Une hausse de production entraîne une augmentation des recettes fiscales : plus de TVA, d’impôt sur les sociétés, de cotisations sociales… Et à plus long terme, si l’économie se porte mieux, cela peut aussi réduire certaines dépenses sociales (allocations chômage, RSA, etc.).

Cependant, la mesure n’est pas sans controverse. Certains secteurs, notamment le tourisme ou la restauration, bénéficient des jours fériés. Et l’impact psychologique ou social sur les salariés n’est pas négligeable. Enfin, pour que la mesure soit efficace, elle doit s’accompagner de garde-fous : si la journée est remplacée par un jour de congé ou de RTT, les effets escomptés disparaissent.

En résumé, supprimer un jour férié n’est pas une baguette magique, mais une stratégie de stimulation économique à manier avec prudence. Elle permettrait à l’État de gagner en recettes sans toucher directement à la fiscalité, tout en posant de vraies questions d’équilibre entre travail, productivité et qualité de vie.

Marc-Alexis Roquejoffre