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Quand le calendrier électoral nourrit l’immobilisme

Au lendemain d’une crise institutionnelle qui ressemble aux prémices d’une crise de régime, la France s’enlise encore un peu plus dans le doute. Pour autant, de prochaines échéances politiques arrivent, qu'elles soient législatives anticipées ou municipales ces élections sont un temps fort, celui où le peuple légitime ses représentants. Mais en France, elles deviennent trop souvent synonymes d’attente, de prudence excessive, voire d’immobilisme. Résultat, l’action publique se fige, les dossiers s'entassent, comme si le pays devait attendre sans fin que la politique se décide à reprendre vie.

En démocratie, les élections sont un temps fort, celui où le peuple légitime ses représentants. Mais en France, elles deviennent trop souvent synonymes d’attente, de prudence excessive, voire d’immobilisme. Municipales, législatives, présidentielles, régionales, départementales : le calendrier politique s’enchaîne sans répit. Résultat, l’action publique se fige, suspendue à des échéances électorales permanentes.

Et pendant ce temps

Cet immobilisme a un coût. Derrière la prudence des élus et des administrations, ce sont des dossiers qui n’avancent pas, des projets qui stagnent, des décisions différées. « On ne va pas lancer un chantier à quelques mois d’un scrutin », confient régulièrement des acteurs publics, comme si gouverner se résumait à attendre. Cette stratégie de la pause, censée éviter les faux pas, ressemble davantage à une peur de l’avenir qu’à une gestion responsable.

Pendant ce temps, les citoyens, eux, avancent. Les entreprises innovent, investissent, parfois meurent de cette inertie organisée. Les associations créent, les quartiers se transforment, les couples se défont et se reforment, les enfants jouent et grandissent. La vie continue, mais la puissance publique donne le sentiment de tourner au ralenti, prisonnière de son propre calendrier.

Le poduim de l’inefficacité

La France est déjà championne des taxes ; doit-elle aussi décrocher le titre de championne de l’immobilisme ? Dans un monde qui bouge à grande vitesse, où les transitions énergétiques, numériques et sociales ne peuvent souffrir de délais interminables, ce ralentissement récurrent interroge. Peut-on encore se permettre d’attendre indéfiniment entre deux élections, quand l’avenir se construit chaque jour ?

Le paradoxe est là : au nom de la démocratie, nous acceptons que l’action publique s’arrête… alors même que la démocratie devrait être le moteur du mouvement.

Marc-Alexis Roquejoffre