ls se connaissent depuis treize ans, partagent la même passion pour la viande, et ont longtemps travaillé ensemble dans une enseigne bien connue de Clermont-Ferrand, « Le Bœuf à Gogo ». Damien en a dirigé les magasins du Puy-de-Dôme. Mais quand l’enseigne a été vendue à des investisseurs, le duo a décidé de tourner la page. « Il a fallu voler de nos propres ailes », confie Damien. Leur destination : La Roche Blanche, où ils redonnent vie à une boucherie de quartier.
Damien et Kamal, bouchers-charcutiers de formation, revendiquent une approche complète du métier : « Ce qui nous passionne, c’est de comprendre toutes les étapes, de l’élevage à la vente. On travaille en circuit court avec des éleveurs qu’on connaît depuis longtemps. » insiste Damien.
Dans leur boutique, les codes sont revisités. « Pas de steaks bien rangés ou de présentation classique. On casse un peu les habitudes. On veut que ça parle aux clients. Même nos planches à découper, je les ai fabriquées moi-même. » Une touche artisanale jusque dans la décoration.
Un positionnement assumé
La dimension humaine est au cœur de leur projet. « Le commerce de proximité, c’est le dialogue. On fait goûter nos produits, on prend le temps. Même s’ils n’achètent pas tout de suite, les gens découvrent, et ça, c’est enrichissant. » ajoute Damien Pinot.
Face à la grande distribution, ils assument leur position complémentaire. « On ne va pas empêcher les gens d’aller au supermarché. Mais on peut leur proposer autre chose : des produits qu’ils n’ont jamais goûtés, une autre manière de consommer. »
Côté gestion, Damien assure l’organisation et les tâches administratives. « Oui, la paperasse, c’est lourd. J’ai signé 25 pages à la main pour le prêt… On est en 2025, et on ne sait toujours pas simplifier les démarches. » Kamal en rit, part dans la réserve et revient au comptoir avec deux pièces de bœuf à travailler dans le concept innovant qu’ils ont mis en place : la brochette ronde de bœuf, idéale pour les barbecues traditionnels du moment.
Vivre avec son temps
Les deux artisans misent aussi sur le numérique. « Aujourd’hui, un boucher peut être connecté. On utilise Instagram pour montrer notre travail, casser l’image du boucher d’antan. »
Entreprise à taille humaine, proximité, qualité et passion : Damien et Kamal tracent leur propre voie, avec détermination et sincérité. Une belle aventure entrepreneuriale qui résonne avec les envies de lien et d’authenticité d’aujourd’hui.


