Un phénomène marquant et récent est l’attrait grandissant des jeunes adultes pour cette pratique autrefois jugée marginale. Selon une enquête Ipsos publiée en juin 2025, 32 % des Français de 18‑24 ans et 37 % des 25‑34 ansdéclarent déjà avoir expérimenté le naturisme — soit une progression de 15 points par rapport à la génération de leurs parents. Et parmi ceux qui n’ont jamais pratiqué, 10 % souhaitent tenter l’expérience.
Ce regain d’intérêt s’explique notamment par une recherche d’authenticité et une acceptation du corps plus inclusive : « Voir des vrais corps, ça aide à s’accepter », confient certains pratiquants. Le naturisme y est perçu comme un mode de vie alliant bien‑être, respect et retour à la nature, contrairement aux clichés médiatiques.
Un tourisme organisé
La France dispose d’une infrastructure remarquable : plus de 150 centres naturistes, des plages autorisées ou tolérées (on en compte plus de 200 depuis les années 2000), des villages et campings dédiés, et une charte stricte encadrée par la Fédération française de naturisme et Atout France. La pratique se développe aussi hors des centres : la randonue (randonnée nue) se popularise, symbolisant un naturisme plus libre et individuel.
Le secteur représente un moteur économique non négligeable : il génère plusieurs millions de nuitées et un chiffre d’affaires estimé aux alentours de plusieurs centaines de millions d’euros, avec une clientèle majoritairement européenne.
En résumé, loin d’être un vestige d’un passé libertaire, le naturisme en France connaît aujourd’hui un renouveau porté par la jeunesse, qui redéfinit ses valeurs autour du respect, de l’égalité corporelle et d’une forme de tourisme plus consciente et libérée.


