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Harcèlement scolaire : la scène, le verbe et le combat citoyen

À Clermont-Ferrand, le CSE Michelin s’est associé à l’association CVCH "Contre les Violences et le Harcèlement Scolaire" pour organiser une matinée engagée : une pièce de la compagnie Les Désaxés Théâtre, suivie de témoignages , dans le but de faire résonner le message auprès d’un large public. Aux côtés de cette fiction mise en lumière, Sandra Alexis et Enola, représentants de CVCH, ont partagé leur vécu et leur engagement sous l'animation bienveillante de MarcAlexis Roquejoffre, journaliste et directeur IFIC.

Créée récemment dans le Puy-de-Dôme sous le nom de CVHS 63, cette association locale, née de l’initiative de Sandra après plus de dix ans d’interventions dans les écoles, témoigne d’une prise en charge de terrain essentielle. Sandra, qui se présente comme “dans l’ombre mais présente”, raconte comment elle a bataillé pour faire reconnaître la réalité du harcèlement dans un département où, jusqu’alors, aucune structure ne portait ce combat. Enola et Alexis, cofondateurs, sont également convaincus que les jeunes doivent être partie prenante dans cette lutte. 

Une prise de conscience nationale

Le harcèlement scolaire, ainsi porté à la scène, rappelle que ce n’est pas seulement une affaire scolaire ou psychologique : c’est un enjeu de société. En France, il a fallu attendre les années 2010 pour qu’une véritable conscience publique s’éveille. La première campagne nationale date de 2011, avec la création du numéro vert 3020, puis en 2015 le harcèlement est déclaré “grande cause nationale” et marque l’instauration d’une Journée nationale annuelle. Depuis 2021, l’État reconnaît le harcèlement comme une forme de violence scolaire à part entière. Enfin, la loi du 2 mars 2022, dite “anti-harcèlement scolaire”, institue une incrimination pénale, y compris pour les actes numériques, pouvant aller jusqu’à dix ans de prison dans les cas les plus graves.

Une illustration respectueuse

La pièce proposée par les Désaxés Théâtre sert de catalyseur : elle force le spectateur à envisager les violences verbales, psychologiques, physiques ou numériques non pas comme “des jeux d’enfants”, mais comme des agressions réelles, répétées, portées par une intention de nuire et un déséquilibre de forces. Comme l’ont souligné Sandra et Enola, il faut donner la parole aux victimes, les protéger, mais aussi former les enseignants, responsabiliser les établissements et impliquer les parents. Le théâtre n’est qu’un point de départ : la vigilance collective et la mobilisation durable restent les véritables remèdes.

Marc-Alexis Roquejoffre