IFIC Formations

Entre colère légitime et dérives inquiétantes

Photo : Freepik
Alors que la contestation sociale s’amplifie en France, les blocages et violences se multiplient. Si la colère face à la crise économique et à l’appauvrissement des classes moyennes est légitime, la méthode interroge : faut-il casser pour se faire entendre ? Cette spirale de violence interroge aussi sur le message transmis aux jeunes générations. Comment comprendre que certains adultes, censés incarner des repères et la responsabilité, deviennent paradoxalement des modèles d’agressivité collective ? Les mêmes qui refusent l’autorité éducative légitime appellent parfois à la destruction et à la confrontation avec les forces de l’ordre.

Une colère légitime, mais à encadrer

La situation actuelle rappelle certaines périodes de l’histoire marquées par la disette et l’instabilité économique. Beaucoup expriment un manque de perspectives et une pression accrue de la paupérisation. L’Etat n’apparait plus comme le protecteur de la Nation. Son bras armé appelé « Administration » ressemble davantage à un censeur qu’un accompagnateur de la liberté d’expression ou de l’innovation sociale et entrepreneuriale. Le ras le bol n’est pas uniquement lié aux charges trop lourdes, mais à un contexte global de l’interdit ou l’empêchement systématique de celles et ceux qui oeuvrent au devenir collectif. Dans ce contexte, la colère est légitime et doit pouvoir s’exprimer. Mais la frontière entre manifestation démocratique et débordements violents reste fragile.

Quand la casse brouille le message

Les blocages ne sont pas systématiquement synonymes de casse. Mais lorsque les actions se traduisent par des dégradations, des violences ou des entraves aux services vitaux – hôpitaux, axes routiers, lieux stratégiques de sécurité – l’image du mouvement s’efface derrière les dégâts. Sur la scène internationale, la France risque alors d’apparaître divisée et affaiblie, loin de son rôle attendu de nation stable et moteur.

Un paradoxe générationnel

Cette spirale de violence interroge aussi sur le message transmis aux jeunes générations. Comment comprendre que certains adultes, censés incarner des repères et la responsabilité, deviennent paradoxalement des modèles d’agressivité collective ? Les mêmes qui refusent l’autorité éducative légitime appellent parfois à la destruction et à la confrontation avec les forces de l’ordre.

Les revendications sociales, souvent fondées, sont trop souvent récupérées par des partis politiques cherchant à instaurer un chaos sans réelle volonté de gouverner. Or, les adultes responsables doivent montrer l’exemple et privilégier des formes d’action démocratiques, fermes mais maîtrisées, pour que la colère conserve son sens et sa légitimité sans basculer dans la brutalité.

Marc-Alexis Roquejoffre