« Celle que vous voyez là est la dernière représentante de sa série au charbon, explique Henri Barbier, chef de train de l’association. Avec ses 100 tonnes, ses 2 500 chevaux et sa vitesse de 100 km/h, elle pouvait tirer aussi bien des trains de marchandises que des trains de voyageurs, partout en France. » Construite dans le cadre du plan du prêt-bail par l’American Locomotive Company, cette machine appartient à une génération pensée pour la robustesse : pièces surdimensionnées, consommation élevée mais fiabilité à toute épreuve.
Ces locomotives impressionnent aussi par leur fonctionnement exigeant. « La cabine de conduite compte deux hommes : le mécanicien et le chauffeur, détaille Henri Barbier. La priorité du chauffeur n’est pas seulement de produire de la vapeur, mais surtout de maintenir l’alimentation en eau. À l’époque, des grues à eau étaient réparties dans toutes les gares, aujourd’hui nous utilisons les poteaux incendie. » Avec 11 tonnes de charbon et 30 m³ d’eau embarqués, une 141 R pouvait parcourir environ 400 km… mais devait s’arrêter tous les 120 km pour refaire le plein d’eau.
Depuis 1976, l’association Train à Vapeur d’Auvergne entretient et exploite la 141 R 420. « Nous sommes aujourd’hui propriétaires de la locomotive et disposons d’un atelier de 1 600 m² au Brézet, ainsi que de 700 mètres de voies pour notre matériel, précise Henri Barbier. Notre but reste de transmettre ce patrimoine vivant et de le faire découvrir au plus grand nombre. »


