IFIC Formations

Des locomotives d’antan en gare de Clermont

Ils font revivre le patrimoine ferroviaire et le font avec passion et engagement
À l’occasion des Journées européennes du patrimoine, la gare de Clermont-Ferrand a retrouvé ce week-end un parfum d’après-guerre. L’association Train à Vapeur d’Auvergne a présenté au public plusieurs locomotives historiques, dont la célèbre 141 R, une machine emblématique construite en Amérique du Nord et mise en service pour redresser la France au sortir du conflit. Devant des centaines de curieux, ces mastodontes de fer, véritables témoins de l’histoire industrielle, ont rappelé leur rôle décisif dans la reconstruction du pays.

« Celle que vous voyez là est la dernière représentante de sa série au charbon, explique Henri Barbier, chef de train de l’association. Avec ses 100 tonnes, ses 2 500 chevaux et sa vitesse de 100 km/h, elle pouvait tirer aussi bien des trains de marchandises que des trains de voyageurs, partout en France. » Construite dans le cadre du plan du prêt-bail par l’American Locomotive Company, cette machine appartient à une génération pensée pour la robustesse : pièces surdimensionnées, consommation élevée mais fiabilité à toute épreuve.

Ces locomotives impressionnent aussi par leur fonctionnement exigeant. « La cabine de conduite compte deux hommes : le mécanicien et le chauffeur, détaille Henri Barbier. La priorité du chauffeur n’est pas seulement de produire de la vapeur, mais surtout de maintenir l’alimentation en eau. À l’époque, des grues à eau étaient réparties dans toutes les gares, aujourd’hui nous utilisons les poteaux incendie. » Avec 11 tonnes de charbon et 30 m³ d’eau embarqués, une 141 R pouvait parcourir environ 400 km… mais devait s’arrêter tous les 120 km pour refaire le plein d’eau.

Depuis 1976, l’association Train à Vapeur d’Auvergne entretient et exploite la 141 R 420. « Nous sommes aujourd’hui propriétaires de la locomotive et disposons d’un atelier de 1 600 m² au Brézet, ainsi que de 700 mètres de voies pour notre matériel, précise Henri Barbier. Notre but reste de transmettre ce patrimoine vivant et de le faire découvrir au plus grand nombre. »

Solène Moraux