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« C’est oui ou non, mais répondez ! »

Photo : Freepik
Il fut un temps, pas si lointain, où une question adressée à un service public recevait une réponse. Pas toujours rapide, pas toujours satisfaisante, mais une réponse. Aujourd’hui, il semble que le silence administratif soit devenu une nouvelle forme d’art national, quelque part entre la procrastination institutionnelle et la méditation contemplative. On attend, on relance, on s’agace. Et pendant ce temps, les dossiers dorment, et les entrepreneurs s’essoufflent. On le sait : sans décisions, il n’y a ni emploi, ni développement, ni éducation, ni avenir. Ce n’est pas de grands discours dont les territoires ont besoin, mais de réponses. Bref : c’est oui ou c’est non… mais répondez !

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : un désengagement massif, diffus, presque devenu banal, des acteurs territoriaux. Les services publics ne répondent plus, ni dans les délais, ni parfois sur le fond. Les demandes les plus simples se transforment en parcours du combattant, faute de bon sens, de disponibilité ou simplement d’envie de traiter ce qui relève pourtant de leur mission première : servir le public.

S’avoir s’engager

Et la critique n’épargne pas également les élu(e)s. Absorbé(e)s par la gestion permanente des scrutins, par la préparation, la pré-campagne, la campagne, la post-campagne. Ces élu(e)s finissent par oublier l’essentiel : décider ; prendre position ; assumer. Pendant que le territoire attend, que les investissements patinent, que les projets bloquent faute d’un oui ou d’un non.

On se voit dans deux ans

Dans les entreprises, notamment celles qui répondent à des appels d’offres publics, l’attente devient mortifère. Obtenir une décision d’éligibilité prend désormais un à deux ans. Deux ans pour savoir si un projet peut vivre ou doit mourir. Deux ans où l’on gèle les recrutements, où l’on renonce à investir, où l’on survit tant bien que mal. Deux ans, parfois, qui suffisent à mettre une PME à genoux.

On le sait : sans décisions, il n’y a ni emploi, ni développement, ni éducation, ni avenir. Ce n’est pas de grands discours dont les territoires ont besoin, mais de réponses. Rapides. Claires. Engageantes. Bref : c’est oui ou c’est non… mais répondez.

Marc-Alexis Roquejoffre